La pêche de la truite au toc

Beaucoup de pêcheurs pratiquent la pêche de la truite au toc. Elle est souvent utilisée banalement mais certains pêcheurs spécialistes poussent le degré technique très haut. Je vais, dans cet article, présenter les bases de la pêche au toc en essayant d’aider le débutant à partir du bon pied.

Pêche au toc

Pêche au toc

Le matériel : canne et moulinet

La canne sera longue, généralement de 3m20 à 4m50. Elle sera conditionnée par la taille du cours d’eau que vous souhaitez pêcher, ou du moins la taille médiane des cours d’eaux que vous pêcherez. Une longueur de 3m90 est un bon compromis pour les rivières moyennes.

On peut l’acheter anglaise (avec anneaux) ou à fil intérieur. La seconde option ne présente d’intérêt que pour des cas bien spécifiques de lieux très encombrés. Elle a le gros inconvénient de gêner la glisse du fil, surtout dans les modèles bas de gamme ou après quelques temps d’utilisation.

On préférera donc les cannes anglaises la plupart du temps. Là aussi il est important de se renseigner sur la quantité et la qualité des anneaux. Rien n’est pire qu’un fil qui se colle et gêne durant la pêche.

Différentes actions sont disponibles (parabolique à rapide). Si vous avez souvent besoin de lancer et loin, un modèle assez souple apportera du confort, alors qu’une canne assez rigide permettra de détecter la moindre touche en petit cour d’eau.

On parle peu de puissance pour cette pratique. En effet, elle sera souvent conditionnée par le type d’utilisation de la canne. Par exemple : une canne de 4m20, semi parabolique, sera plutôt puissante car destiné à pêcher plus profond, donc plus plombé et de plus gros poissons. Garbolino est leader sur le marché incontestablement. Mais il existe d’autres marques de qualité telles que Pezon et Michel, Mitchell ou Daiwa. Messieurs Delacoste et Sempé proposent aussi des modèles de très bonne facture.

Il existe différents types de moulinets :

  • Le classique, le spinning ou à tambour tournant fonctionne plutôt bien mais est assez encombrant.
  • Les moulinets capotés, qui je dois bien l’admettre, ne font pas parti de mes favoris car sont souvent cause d’emmêlements.
  • Les moulinets spécial toc, qui comme leur nom l’indique sont tout adapté à la pratique. Ils sont à tambour tournant, simples de construction, avec un frein sensible et facilement réglable ainsi que légers et d’un encombrement minimal. Là aussi Garbolino tient le haut de l’affiche, mais Ritma reste d’un excellent rapport fiabilité/prix.

Le petit matériel

Le corps de ligne sera en nylon de 15 à 25ème selon le lieu de pêche et le bas de ligne en nylon ou fluorocarbonne de 8 à 15 ème, selon les conditions et tailles des poissons visés. Évidement on cherchera des modèles avec un rapport résistance/diamètre élevé et possédant une glissance de qualité.

Vous devez posséder une boîte assez complète de plombs allant de N°3 à N°9, des guides fils de couleurs plus ou moins fluos selon vos préférences et des hameçons à palette de toutes tailles (N° 16 à N°6 sont une bonne cible) et de différentes formes afin de pouvoir escher des appâts différents. Choisissez les résistants mais assez fin de fer pour avoir un bon piquant.

Le montage et la plombée

On glisse tout d’abord le guide fil sur le corps de ligne. Puis on vient relier le bas de ligne au corps de ligne à l’aide d’un nœud double albright ou d’un émerillon très léger. La longueur du bas de ligne dépend de la profondeur que vous pêchez. Il doit être à peu près de la même taille. On relit ensuite l’hameçon au bas de ligne.

Arrive maintenant le plus important : la plombée ! Il existe tant de situation et tant d’école qu’il est difficile de donner des conseils inéluctables. Vous trouverez donc ci-dessous des conseils de bases plutôt que des affirmations. Il existe 3 critères principaux : la dégressivité, la masse totale de la plombée et l’étalement de la plombée.

En toute théorie, pour une présentation de la ligne en ordre au poisson (appât – plombs légers à lourds), votre ligne doit être constituée de façon dégressive. C’est-à-dire que le plomb le plus proche de l’hameçon doit être le plus léger de votre plombée. De plus on privilégiera aussi une augmentation de la distance entre eux en allant vers le plomb le plus léger aussi.

La masse totale de votre plombée est dictée par la profondeur et la force du courant. Le principe est d’atteindre assez rapidement le fond du cours d’eau pour pêcher le poste souhaité sans que la ligne reste bloquée dans le substrat et qu’elle dérive de façon la plus naturelle possible. C’est pour cela qu’elle doit être la plus légère possible. Ceci s’acquiert généralement avec la pratique.

L’étalement de la plombée enfin amène la ligne plus ou moins rapidement à couler et à rester proche du fond.

Pour donner quelques exemples, en pêche en torrents de montagne avec un niveau des eaux moyens, j’utiliserai ce montage afin de pêcher les postes calmes à l’abri des rochers :

Montage truite au toc en torrent

Pour une rivière moyenne de plaine, avec un niveau des eaux de début d’étiage ma plombée sera beaucoup plus étalée afin de proposer de longues dérives naturelles :

Montage truite au toc en rivière moyenne

Les appâts

Choisissez une esche selon la saison. Le vers de terre reste un classique efficace toute l’année. Utilisez les plus gros en début de saison lorsque les crus sont là et les poissons affamés, alors que sa taille réduira avec l’étiage. Les mouches naturelles, nymphes et autres larves seront très efficaces sur les pêches fines en été. Les teignes ne font pas partie de mes appâts favoris, mais ils faut bien reconnaître que les truites de remise en raffolent et qu’elles peuvent donner des résultats surprenants.

La technique de pêche

A part si vous appâtez, à l’asticot notamment, ce qui est interdit dans la plupart des endroits aujourd’hui, vous pêcherez en allant vers l’amont.Il est primordial de ne pas se précipiter à la pêche au toc. Chaque poste ou presque est pêchable avec cette technique.

Selon la saison, les truites seront placées à différents endroits dans les cours d’eau. On les retrouvera en plein jus en été afin de profiter de l’oxygène qu’ils apportent, alors qu’elles seront plus postées le reste de la saison (remous formés par un rocher, anses, chutes d’eau…etc) et carrément dans les zones protégées lors de crues. La clé de votre réussite sera d’identifier ou elles se trouvent (et parfois ce qu’elles mangent).

Il faut ensuite aborder les postes le plus discrètement possible. On pourra pratiquer la pêche en laissant dériver son appât grâce au courant de façon naturelle ou l’obliger à rester sur des postes précis. Ceci sera dicté par le positionnement des poissons et aidé par la plombée.

Si cet article vous a donné envie de vous y mettre, je ne peux que trop vous conseiller d’acheter l’un des excellents bouquins présent sur le marché.

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